Delaf © Laurent Duvault

À propos

Le scénariste et dessinateur Marc Delafontaine - dit Delaf - est né le 9 octobre 1973 à Sherbrooke (Québec, Canada).

Lecteur dès son plus jeune âge des Schtroumpfs, d'Astérix, de Lucky Luke ou encore de Boule et Bill, le petit Marc se découvre une affection particulière pour les « vilains » comme Iznogoud ou Bobo. Faut-il y voir une explication du caractère des futures Nombrils ? La question peut se poser !

Quoi qu'il en soit, c'est grâce au gentil Gaston Lagaffe que Delaf éprouve son premier grand choc de dessin, fasciné par la puissance et la perfection du trait de Franquin. Il faut dire que Delaf vit dans un milieu artistique, avec un père sculpteur sur bois dont les travaux préparatoires se font souvent en dessin... Il faut toutefois attendre la lecture de l'album Le Réveil du Z, signé Tome et Janry, pour qu'éclose la vocation de Marc, qui décide dès lors de devenir lui aussi auteur de BD. Il a 12 ans. Après avoir publié, à compte d'auteur, l'adaptation d'un texte d'une tante autrice-compositrice-interprète, puis caricaturé ses profs à l'école, Delaf suit des études lui permettant d'obtenir un DEC en arts plastiques.

Fraîchement diplômé, il réalise ensuite, pour les Éditions Aquila Communications, de petites BD dont se servent les nouveaux arrivants au Québec pour apprendre le français. Denis Grenier, un professionnel du dessin animé qui avait donné quelques conseils au jeune Marc, lui propose alors de le seconder. Delaf apprend le métier sur le tas, avant d'intégrer le studio montréalais Cinar, où il travaillera à l'encrage et au layout avant de demander à faire du storyboard, discipline qui lui permet de se rapprocher de la BD. Après avoir travaillé sur la série animée Le Marsupilami, Delaf se voit proposer de travailler sur Kid Paddle. Les tests graphiques exigés par Dupuis Audiovisuel étant très exigeants, Delaf préfère employer son temps au grand projet qu'il a en tête, Les Nombrils, réalisé avec Maryse Dubuc, pour laquelle il a déjà illustré des albums jeunesse chez Bayard. L'envie des deux auteurs : parler de l'adolescence par le biais d'une série mordante à l'humour vachard.

Après un premier album chez Vent d'Ouest (Le Guide Junior pour bien élever les parents - scénario de Goupil et Douyé), Delaf publie Les Nombrils avec Dubuc en 2005, dans les pages du défunt magazine Safarir. Les lecteurs découvrent Jenny et Vicky, deux pestes nombrilistes, ainsi que Karine, leur gentil souffre-douleur. Le dessin de Delaf, tonique et précis, crève littéralement l'écran. Sur les conseils de Marc Cuadrado, Delaf et Dubuc envoient Les Nombrils chez Dupuis, où la série est vite acceptée pour une parution en albums et dans Spirou, un vrai rêve pour Delaf ! Les gags irrésistibles des Nombrils, à l'esthétique tous publics mais aux accents transgressifs, rencontrent un succès immédiat, propulsant Jenny, Vicky et Karine au rang d'icônes du neuvième art moderne. Les albums des Nombrils paraissent aux Éditions Dupuis à partir de 2006. La série compte actuellement 8 tomes et a été publiée en édition intégrale.

Au fur et à mesure des albums, Delaf et Dubuc font évoluer leur narration, passant d'une série à gags à des gags ordonnés en feuilleton, insérant suspense et thriller dans leurs scénarios, qui osent traiter progressivement de thématiques aussi sensibles que la différence ou l'homosexualité. La critique et le public acclament ce tour de force scénaristique et l'évolution de Vicky, Jenny et Karine. Désireux toutefois de garder un pied dans le monde originel des Nombrils, Delaf et Dubuc créent en 2017 un « spin-off flashback » : Les Vacheries des nombrils.

Les Nombrils ont remporté de nombreux prix : trois fois le prix Albéric-Bourgeois dans le cadre des prix Bédéis Causa (2007, 2009 et 2016). Un Joe Shuster Award Best Writer en 2010. L'Éléphant d'or du Festival de Chambéry - meilleure BD jeunesse en 2012. La série a également remporté le Palmarès Communication-Jeunesse 12-17 ans en 2010-2011 et 2013-2014.